Vendredi 26 juin 2009
Statistiques du jour :
Distance parcourue : 80,85 km
Temps de déplacement : 4h22
Statistiques globales :
Distance parcourue : 411,43 km
Temps de déplacement : 25h43
Vitesse moyenne : 16 km/h
Notes :
Je suis arrivé à Bäd Honningen. C’est un petit village situé au bord du Rhin. Je me trouve au centre du village et c’est plutôt désert. On dirait une station de vacances. Il y a pas mal d’hôtels, un camping et des bars. Je n’aimerais pas y venir en haute saison, mais là c’est agréable, c’est calme. Ca a un côté "parc d'attractions", sans les manèges. Ceci dit, je suis content de m'être arrêté ici. Je pensais continuier jusqu'à Koblenz mais il aurait fallu pédaler pendant encore 30 km.

J'ai été manger dans un restaurant sur la place, en terrase. La dame qui m'a servi était vraiment charmante, très aimable et souriante. En partant, je voulais faire une photo avec elle mais je n'aipas osé le lui demander. Je suis parti avec le vélo, puis j'ai fait demi-tour en me disant qu'au pire elle refuserait. Elle a accepté. Je lui ai précisé que j'allais la publier sur le blog si ca ne la dérangeait pas.
En ce moment, je suis sur le bord du Rhin. Je profite du coucher de soleil et d'une légère brise avant de me glisser sous la tente. C'est dans ces momnents paisibles que je sais pourquoi je suis parti.
Mardi 23 juin 2009 (12è jour)
Statistiques du jour :
Distance parcourue : 63,2 km
Temps de déplacement : 4h16
Statistiques globales :
Distance parcourue : 474,63 ikm
Temps de déplacement : 29h54
Vitesse moyenne : 15,9 km/h
Notes :
Je me suis arrêté à Koblenz. Je comptais arriver à Francfort demain mais ce ne sera pas possible. Je me suis un peu perdu en passant par cette ville. J'ai tourné en rond pendant plusieurs km. J'en ai eu marre et j'ai décidé de rester ici pour la nuit. J'arriverai à Francfort après-demain.
Cette ville me posait déjà problème lorsque je préparais mon itinéraire sur le logiciel à Bruxelles. J'ai dû me casser la tête pour trouver une route avec le vélo.
Mercredi 24 juin 2009 (13è jour)
Statistiques du jour :
Distance parcourue : 68,13 km
Temps de déplacement : 6h19
Statistiques globales :
Distance parcourue : 543 km
Temps de déplacement : 35h35
Vitesse moyenne : 15,2 km/h
Vitesse max : 61,2 km/h
Notes (14h20) :
Je fais une pause sur un chemin à l'ombre d'une forêt, près d'un ruisseau.


Je crois qu'aujourd'hui j'ai franchi le cap de la transition. La mise en condition est terminée, je suis pleinement entré dans le voyage, sur le chemin. Parcourir la nature dans l'effort physique éveille les sens. Je deviens réceptif au moindre son, à la plus petite odeur, au discret bruissement des arbres. Je ne croise personne, je suis seul avec la nature, je lui appartiens.



L'anthropologue David Le Breton a raison lorsqu'il affirme, dans son ouvrage La Saveur du Monde, que nos cinq sens sont notre premier accès au monde. Le sens, qui donne forme à nos perceptions, entre alors dans une danse dialectique avec ce premier filtre. Une danse entre une information brute, déjà traitée une première fois par les sens, et sa mise en forme par le sens, la signification.
"Nous ne voyons que ce que nous voulons voir", dit cet adage parfaitement adapté à une société de l'image. Nous pouvons élargir cela. Nous ne percevons que ce que le sens nous permet de comprendre, à savoir une partie infime du monde, une partie infime de cette information brute dont ignorons tout, ou presque.
Notes (20h00) :
Je suis arrivé à Bad Ems. Le paysage est vraiment magnifique. Il est situé tout en bas d'une vallée, avec son cours d'eau qui le traverse. Le camping se trouve au bord de la rivière. Après une journée pleine de montées sous une température de 30 degrés, je n'ai pas pu résister à m'y baigner.

Le village me fait penser à ceux que l'on peut voir dans les films de Walt Disney : très "mignons", très propres... très "parfaits" en apparence.


Cet après-midi, en faisant une pause sur une terrasse, j'ai discuté avec le serveur. Il s'appelle Amin et parle francais (en plus de l'arabe, l'allemand, l'italien, l'anglais, ...). Il est Tunisien et cela fait plusieurs années qu'il est en Allemagne. Ca m'a vraiment fait du bien de pouvoir parler francais et d'entretenir une conversation, aussi brève fut-elle, avec quelqu'un d'aussi sympathique.

Je disais tout à l'heure que la phase de transition était terminée. Mes jambes semblent à présent bien rôdées et mon mental aussi. A présent, je peux bien l'avouer, je manquais de motivation avant de partir et le début du voyage s'annoncait laborieux. Maintenant je me sens bien, je me souviens pourquoi j'ai choisi de faire ce périple. Peu importe jusqu'où il me mènera, tant que je trouverai ce que je cherche : la sensation de liberté, la sérennité et l'instant présent.
C'est dans l'effort et le repos que le présent se révèle le plus... dans la sensation du corps inscrit dans l'instant et qui nous le fait ressentir au travers des sens et des sensations. Peu importe la distance parcourue, peu importe la distance qu'il reste à parcourir, ce qui compte c'est chaque coup de pédale, chaque mètre qui défile et qui se mérite. La douleur musculaire est devenue ma compagne de tous les instants. Elle me rappelle au présent, à l'effort fourni pour parcourir une partie de ce monde. C'est elle aussi qui me fait savourer les instants de repos, la douche et le dîner du soir. Et c'est dans un état de profonde satisfaction que je m'endors.
Le bonheur se trouve dans les choses simples. Il faut parfois sortir de l'ordinaire pour s'en souvenir.